équipe de Rando Raid multiactivités. Course à pied VTT Kakak Orientation
Ma définition du raid : tu penses que tu vas en baver, et bien c'est vrai t'en baves!
La devise des « drôles » : On part vite, et on accélère ensuite !
C’est ma première participation dans l’équipe des « Drôles ». Bertrand, mon coéquipier des « Toutafon », m’a déjà touché deux mots de leur potentiel en allant gagner avec eux le Natural Trophé. Quelques entraînements communs au préalable nous ont permis de faire connaissance et d’ajuster quelques stratégies de course. Maintenant on y est.
Au total 25 équipes de quatre vont tenter de pointer les 110 balises, à pied, à vélo et en canoë sur l’ensemble de l’Ile D’Oléron.
Sur le papier les organisateurs avaient annoncé un raid à 130 km. Mais samedi matin le road book en donnait 40 de plus. Drôle d'idée d'avoir caché ce détail!
Il y a du beau monde et de lourdes équipes venues se promener dans l’île d'Oléron ; AGN 33, LM Nature, Raid Nature 46, les Princes Noirs, des teams habitués aux podiums des raids du Grand Ouest et autres, puis une équipe Belge ! Le Raid OLéron prendrait-il des dimensions internationales? On retrouve également les locaux, les TTT'S Oléron (3ème l'année précédente) une équipe mixte sympa, des virtuoses de l'orientation, et quelques autres équipes affûtées comme les « Oufs », des Marennais. Nous échangeons également quelques mots de sympathie avec les organisateurs orchestrés sans faille par Jean-Yves Da Silva, puis l’équipe de l’ASTCO, le club trembladais de course d’orientation qui a dû nous planquer les balises avec un soupçon de perversité !
Samedi 13 septembre 2008, 11h, les 100 raideurs accompagnent en cœur Jean-Yves égrainant à rebours les quelques secondes restantes pour donner le départ du Raid Oléron 2008.
Nous sommes positionnés sur la ligne de départ, installés entre les prétendants à la victoire. Puis au top, nous partons sur un rythme endiablé (à mon sens !) pour cette première étape, une course pédestre balisée de 7 km. 10' plus tard je suis déjà en asphyxie, zut quand je pense qu'il reste encore 23h50 de course! Fabrice m'attend, mais Hervé et Stéphane ont déjà disparu. Nous les rejoignons avec Fabrice alors qu’ils ont ralenti. La boucle finie, on chevauche les VTT pour 25 km en orientation.
La transition est ultra rapide. Nous partons (encore) sur un rythme empressé. J’ai la carte et j'assure l'orientation. Petit cafouillage et rodage de départ, puis nous enchaînons le fauchage des balises. C'est assez roulant donc j'évite de m'arrêter, je lis en roulant et quand j'annonce l’itinéraire, nous nous mettons en position relais pour une cadence soutenue. Un entraînement fait quelques jours auparavant nous a permis d’être bien calés pour cette discipline.
Nous rallions l'assistance après avoir avalé ces 25 km de vélo sans difficulté. Le temps de changer de chaussures et de remplir les camelbacks, nous repartons pour 15 km de course d’orientation pédestre dans les marais.
Fabrice oriente, on pointe les balises tout en gardant un rythme de course régulier. Stéphane nous fait une belle démonstration de saut de ruisseau, démonstration légèrement vaseuse où il finit le derrière dans la vase, observé par quelques mouettes rieuses !
Fin de cette CO, nous retrouvons, Mumu, Fred et Yann, notre assistance toujours attentive à nos besoins alimentaires et vestimentaires. Durant cette liaison, nous n’hésitons pas à prendre un peu plus de temps pour se changer, boire et manger (environ 15') avant d'attaquer 10 km de canoë avec vent de face et vagues.
Mais je suis avec Hervé qui a une solide pratique en canoë, et donc, ça glisse tout seul, que du bonheur. Cette cadence nous permet de doubler quelques équipes...mais nous perdons la carte qui s’empresse de rejoindre les fonds marins ! Donc il nous faut attendre les équipes doublées auparavant pour nous indiquer le chemin et les balises à prendre. Belle opération ! Après 2 heures de canoë, les muscles des jambes refroidis et tétanisés par les embruns et les quelques heures de raid passées, notre équipe s’élance sur une CO pédestre de 9km dans la forêt de BOYARD. Sachant que les 9 km indiqués sont calculés en distance azimut, il faut bien rajouter un bon tiers, à condition de ne pas s’égarer bien sûr.
Le rythme de progression est toujours la course. On marche que dans les parties sable sec en côte et encore! L’équipe tient une cadence régulière. Fabrice assure toujours l'orientation, elle est précise, il donne le tempo et la motivation, les balises sont trouvées difficulté. 2h plus tard, nous sommes de retour au bivouac, la totalité des balises pointée, sans trop jardiner.
Nous nous autorisons une petite demie heure pour manger, se poser un peu, se changer. L’assistance est à nos soins, la soupe chaude et les pâtes, préparées par les filles sont vivement appréciées. Quant à Yann il a pu nous bricoler le VTT de Stéphane accusant un soucis de dérailleur et mon porte carte que j’ai explosé dans la première section VTT.
Nous sommes en fin d'après midi (19h/20h), nous avons dépassé les huit heures de courses.
La pause finie, nous enfourchons les VTT pour 45 km d'orientation. On s’équipe de frontales et des lumières sur les VTT car on risque de rentrer un peu tard!
La première moitié est roulante, l'orientation est simple, nous avançons bien. On se tape la bourre avec les Princes Noirs (équipe n° 20). C'est toujours celui qui prendra la meilleure option pour distancer l'autre. A ce niveau de la course nous sommes aux alentours des 6/7 premiers. Mais je choisis une mauvaise option ce qui nous fait évoluer dans le sens opposé, au bénéfice des Princes Noirs qui en profitent pour nous échapper. Je m'aperçois assez vite de l'erreur et nous rectifions, puis reprenons le bon itinéraire après avoir vérifié auprès d’un habitant des lieux notre situation géographique. Deux autochtones, très sympas nous rendent ce gracieux service. On retiendra également de cette maison l’agréable odeur de plat cuisiné qui s’est dégagé lorsque ceux-ci nous ont ouvert leur porte. Hervé s’est même proposé pour lécher le plat !
La deuxième portion est beaucoup plus difficile. D'abord une partie boueuse nous amène à pousser les vélos sur plusieurs centaines de mètres. Les vélos sont bloqués par la boue au niveau des passages de roues et des dérailleurs qu’il faut dégager avec des morceaux de bois pour pouvoir repartir. Ensuite, nous attaquons les parties sablonneuses, puis des singles. C'est très éprouvant car je fais l'orientation et avec la fatigue je suis moins lucide et donc il me faut plus de temps pour lire la carte. De plus, mon porte carte me cache la roue avant ce qui rend difficile le pilotage dans les parties techniques, une portion plutôt appréciées par Fabrice et Hervé. Pour Stéphane et moi-même, c’est moins ludique. Mais l'orientation est bonne et on trouve sans difficulté toutes les balises, toujours à un bon rythme, ce qui nous permet de rattraper les Princes Noirs, et même d’arriver avant eux au bivouac.
Il est minuit passé. Nous venons de franchir les 13h de course. Il fait froid, ça commence à tirer pour tout le monde, mais la motivation est là, notre capitaine Fabrice s’en assure, et puis c'est sûr on a décidé de partir d'Oléron avec toutes les balises. L'année dernière j'ai fait 8 ème avec les "Toutafon" en prenant 98 balises sur 110, cette année le discours est unanime, on fait carton plein.
Nous nous changeons, rechargeons les camelbacks, non pas pour dormir, mais pour attaquer la fameuse CO de nuit, l'épreuve la plus sélective du raid Oléron. Celle qui fait de sérieux dégâts et donne généralement une idée du classement de la compétition.
A 0h40 nous partons de Saint-Trojan en direction de la forêt. La CO est annoncée à 6km (liaison urbaine) + 12km (de forêt). Lorsqu'on regarde la carte aux 1/10 000, 19 balises sont émaillées sur l'ensemble de la forêt. Il va falloir faire des allers retours, courir dans les dunes, établir des choix stratégiques pour aller à l’économie. La fatigue se fait ressentir sur la lucidité de l'orientation et sur le temps de lecture de la carte. On a fait quelques erreurs d'appréciation, mais elles sont toujours vite corrigées. Stéphane, infatigable, s’occupe des distances en comptant le nombre de pas. Les coups de fatigues sont balayés par la motivation et la récupération des balises.
Après avoir passé plus de 4 heures dans les bois et pointé la totalité des balises, on finit par la dernière portion ralliant le bivouac à Saint-Trojan. Les organismes souffrent, les foulées sont moins harmonieuses. J’ai hâte de retrouver mon matelas gonflable !
Nous rejoignons le bivouac à 5h30 du matin après 18h30 de courses effrénée. Le chrono est arrêté. Nous sommes alors 6ème au classement provisoire. Le prochain rendez-vous est à Chassiron, à l'opposé de l'île pour un départ à 9h groupé.
On s’autorise une douche, quelques sandwichs aux rillettes repérés par Fabrice et Stéphane puis on s’installe dans notre bivouac pour une petite heure de sommeil.
7h30, réveil pour tous. Déjeuner rapide mais copieux, changement et rangement du bivouac. 8h30, départ de la caravane*.
* en effet, le team « les Drôles », c’est deux camions, un monospace, une caravane et trois assistants !
Dimanche matin, nous prenons note du classement provisoire et de celui de nos concurrents. Nous sommes donc classés 6ème à 35’ des TTT’S Oléron se trouvant en 5ème position et devançons les 7ème de près de 3h. Il nous reste 3 épreuves pour tenter de gagner 35’ sur les TTT’S, sans risque de se faire rattraper par les 7ème.
9h, la centaine de raideurs s’élance pour une course à pied balisée de 7 km, au rythme beaucoup plus tranquille que la veille. Après un rodage difficile, surtout pour moi, notre équipe assure un rythme correct nous permettant d’atteindre l’arrivée dans les 5 ou 6 premiers. On opère un changement rapide, puis nous enfourchons à nouveau les VTT pour 25 km d’orientation. Nous jouons encore au chat et à la souris avec les Princes Noirs, mais nous n’arrivons pas à accrocher les TTT’S qui profitent de nos hésitations pour prendre le large. Nous assurons le pointage des balises et rejoignons l’équipe d’assistance.
Le chrono s’arrête et s’ensuit un atelier tir à l’arc et parcours trial VTT. On reste sur nos VTT avec Fabrice pour le parcours trial. Sans faute pour ce parcours, mais j’avoue avoir copieusement hésité sur la fin du parcours avec une descente un peu raide à mon goût. Mais poussé par les encouragements de notre staff et la caméra de Fred, j’ai eu du mal à esquiver !
Nos archers ont également brillé. Stéphane et Hervé ont tiré de belles flèches sans créer le moindre incident !
11h30, on s’élance pour l’épreuve finale, le bike and run de 8 km. Nous prenons alors le chemin de l’arrivée de ce raid Oléron 2008. Nous atteignons l’arche d’arrivée au pied de l’église vers 12h en se frayant un chemin parmi les badauds au regard parfois interrogatif ou surpris. C’est vrai que nous n’avons pas la tenue ni le teint de promeneurs faisant leur marché dominical. Hervé fait l’ultime épreuve, à savoir la descente en rappel du clocher de Saint-Pierre.
Enfin, une bonne douche, quelques bières bien méritées, un déjeuner sans se presser, et nous assistons à la remise des prix où nous sommes annoncés 6ème sur les 25 équipes engagées avec la totalité des balises pointées, pour environ 20h30 de course. Nous sommes à une petite demi-heure des TTT’S Oléron pointant à la 5ème position, et une avance au temps de plus de 3 heures sur les 7ème.
Ce raid bien raid nous aura fait parcourir une bonne centaine de km à VTT, au moins 70 km de course d’orientation et une bonne dizaine de km de canoë.
Une grande expérience avec l’équipe des « Drôles », mes trois coéquipiers et l’assistance,une bande de branleurs sacrément sympas avec un bon niveau sportif et une bonne expérience en raid aventure.
Ils savent utiliser les bons ingrédients pour ce type d’épreuve, à savoir, l’organisation, la bonne humeur, l’écoute, le respect, l’entraide et la motivation constante, le tout avec une pointe de compétition pour avoir envie d’aller au bout. Avec Bertrand, c’est décidé, on signe quand ils veulent !